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« Les systèmes de vision intelligents seront au cœur des développements sur les prochaines années », Lorin Valton, Directeur Général Inodis

Par - le 29/09/2026 09:41
0 commentaires Lecture 6 minutes
    « Les systèmes de vision intelligents seront au cœur des développements sur les prochaines années », Lorin Valton, Directeur Général Inodis

    Répandu dans l’habitacle des poids lourds, le tachygraphe est désormais obligatoire pour les VUL de plus de 2,5t depuis le 1er juillet 2026 dans les opérations de transport international. Un changement d’ampleur pour les acteurs du secteur. Lorin Valton, Directeur Général Inodis, fait le bilan de cette étape clé et revient sur l’évolution des activités d’Inodis et ses perspectives de développement pour 2027.

    Pouvez-vous présenter Inodis en quelques mots ?

    Inodis possède une expertise dans la métrologie légale embarquée. En somme, nous distribuons des systèmes permettant d’améliorer la sécurité routière active dans les véhicules. En 2018, Inodis s’occupait de la distribution de Stoneridge sur le sol français pour le tachygraphe avant d’évoluer vers d’autres instruments embarqués tels que les éthylotests anti-démarrage ou la télématique. Aujourd’hui, nous travaillons aussi sur la vision, qui est un autre pôle sur lequel nous pensons que la technologie a un impact bénéfique en termes de sécurité.

    Qu’est-ce qui a motivé ce virage et en quoi consiste-t-il concrètement ?

    Les systèmes de vision intelligents seront au cœur des développements sur les prochaines années car les rétroviseurs miroirs sont amenés à bientôt disparaître, remplacés par des systèmes de dashcam intelligents qui sont de plus en plus plébiscités. Les systèmes de vision intelligents permettent de vérifier le comportement du chauffeur mais aussi de récupérer des preuves en cas de litige sur la route. Nous ajoutons donc cette nouvelle brique à notre activité, tout en continuant de proposer et distribuer ce qui fait notre cœur de métier, le tachygraphe et l’éthylotest anti-démarrage. Des solutions de produits multi-marques complétées par des services qui vont de l'étalonnage à la formation des installateurs en passant par la vérification de ces instruments pour être sûrs qu’ils fonctionnent correctement.

    Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, une nouvelle réglementation européenne étend l'obligation du chronotachygraphe intelligent aux véhicules utilitaires légers de 2,5 tonnes et plus effectuant du transport international. Pouvez-vous rappeler simplement ce que change cette échéance et qui est réellement concerné ?

    C’est une nouveauté qui a secoué les VUL, jusqu’alors épargnés par les réglementations liées aux échéances tachygraphe. Désormais, tout véhicule réalisant du transport international et pesant entre 2,5 et 3,5 tonnes a pour obligation d’installer un tachygraphe à bord. À noter que l’échéance applicable depuis le 1er juillet ne concerne que les VUL réalisant du transport international de marchandises. Avant cela, certaines sociétés de transport utilisaient leurs VUL pour réaliser du TRM, détournant ainsi les règles fixées par le Paquet Mobilité qui définit les temps de conduite, les opérations de cabotage et qui assure de meilleures conditions de travail aux conducteurs. Étendre l’installation du tachygraphe aux VUL vise donc à réduire la concurrence déloyale inter-européenne, notamment en France, et à harmoniser la réglementation pour l’ensemble des catégories de véhicules opérant à l’international.

    Quel bilan tirez-vous, quelques mois après le passage de l'échéance, du niveau de préparation des entreprises de transport concernées ?

    Dans ce contexte, deux cas se présentent : soit il s’agit d’un VUL acheté auprès d’un concessionnaire qui dispose d'un tachygraphe, soit le véhicule en a été équipé par un centre agréé indépendant. Nous avons observé un bon nombre de demandes d’installation durant les mois de juin et juillet. Désormais, nous assistons à un coup de frein, peut-être lié à la tendance géopolitique et économique. Nous savions également qu’en France, moins de véhicules seraient concernés par cette réglementation que d’autres pays, à l’image de ceux de l’Est.

    Aujourd'hui, combien d'entreprises de transport n'ont, selon vous, pas franchi le pas ?

    Inodis a toujours avancé avec beaucoup de précaution sur les volumes car il est très compliqué d'avoir cette information sur le VUL. Les sociétés de transport qui utilisent des véhicules de catégorie N2, pesant plus de 3,5 tonnes, utilisent ces véhicules pour du transport de marchandises ou de passagers. Nous savons également qu'il y a 600 000 véhicules en France, alors qu’il y en a à peu près 100 fois plus en véhicules utilitaires, utilisés à la fois par des particuliers et des transporteurs. Difficile dans ce cas-là de donner un volume car les cas d’usage sont plus aléatoires.

    Quels sont les freins identifiés ?

    Les prix d’installation peuvent bloquer. Si on considère que, lors de l’achat chez un constructeur, l’embarquement natif d’un tachygraphe ne dépasse pas les 1 000 euros, installer ce dispositif sur un véhicule déjà en service va demander un investissement de 2 000 à 3 000 euros, ce qui impacte de manière significative le TCO (coût total de possession) du véhicule. Les transporteurs doivent alors réfléchir à une stratégie pour trouver un compromis : continuer à utiliser un petit véhicule ou regrouper ses activités de transport sur des véhicules déjà équipés de tachygraphes.

    Quels risques concrets ces entreprises encourent-elles si elles tardent encore à s'équiper ?

    En cas de non-utilisation du tachygraphe, les entreprises encourent des risques, allant d’amendes assez importantes jusqu'à l'immobilisation du véhicule. Il peut y avoir jusqu'à 30 000 euros d'amendes dans certains cas même si, actuellement, nous sommes toujours dans une période de flottement. Ainsi, on peut s'attendre à ce qu’il y ait encore, jusqu'à la fin de l'année, un peu d’indulgence avant que des sanctions soient prises.

    Vous aviez organisé des webinaires de formation et mobilisé un réseau de techniciens en amont : ce dispositif a-t-il suffi à absorber la demande, ou avez-vous constaté un engorgement dans les ateliers partenaires ?

    Inodis compte un réseau de 450 ateliers partenaires agréés pour l’installation et le changement des tachygraphes. Le bilan est positif parce qu’installer un tachygraphe est quelque chose d'assez technique et que notre opération a permis de démystifier la difficulté de l’installation afin que les ateliers puissent proposer la prestation à des prix acceptables. Nous avons aussi posé un cadre technique qui permet à la fois de rassurer les clients qui installent un tachygraphe autant que les techniciens qui pratiquent l'installation.

    Nos lecteurs sont majoritairement des acheteurs ou vendeurs de véhicules utilitaires d'occasion : pour un VUL de 2,5 à 3,5 tonnes acheté d'occasion aujourd'hui, comment vérifier s'il est déjà équipé du bon tachygraphe Gen2 V2, et à qui s'adresser en cas de doute avant l'achat ?

    Quand on achète un VUL d’occasion, il est important de vérifier que le véhicule est équipé d’un tachygraphe qui correspond à la bonne version grâce à l'impression d'un ticket qui certifiera que celui-ci est bien certifié Gen2 v2. Il faut aussi, bien sûr, s’assurer que le tachygraphe a bien été vérifié et qu’il est toujours dans son échéance de vérification périodique. Comme sur les véhicules lourds, un VUL doit être contrôlé tous les deux ans. S'il n'est pas dans les normes, il expose l’entreprise à des sanctions.

    Quelles sont les prochaines échéances réglementaires que les transporteurs doivent anticiper, et comment Inodis compte-t-il accompagner ces futures vagues ?

    Il n’y a pas de nouvelles échéances réglementaires à venir. Nous allons donc poursuivre notre volonté de renforcer la sécurité routière par des dispositifs de sécurité active réglementaires. Nous sommes convaincus que l'électronique va permettre de renforcer cette sécurité, c’est pourquoi nous allons suivre cette perspective de système embarqué et de solutions tournées vers la vision. Nous allons aussi compléter notre offre de produits et proposer plusieurs niveaux de gamme en fonction des besoins du client. En somme, nous adaptons nos propositions qui visent à renforcer la sécurité des conducteurs et des usagers de la route. Pour Inodis, l’année 2027 sera donc porteuse de nouveautés produits.




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